JAZZ-ROCK

JACK DEJOHNETTE/ 1942-2025

C’est en lisant hier soir une publication de John Scofield, que j’appris la mort d’un des géants de la batterie, Jack DeJohnette .
Le Jazz est décidément en deuil ces dernières semaines. Fin mai, un autre monument de la batterie Jazz s’en allait Al Foster
La semaine dernière c’est Anthony Jackson qui partait, les grands mecs s’en vont ces derniers temps et comme chacun des amoureux du Jazz, on perd des maitres, des gens qui nous ont fait aimer cette musique complexe technique, mais souvent émouvante.
La première fois que j’entends parler de ce batteur de légende est en 1996, lorsque j’offre « Standards in Norway » de Keith Jarrett. Il était écrit à propos du batteur qu’il était le plus contrôlé du Jazz. Complexité, subtilité, audace sonorité particulière de la frappe, quelques éléments de description de son jeu.
La même année, mon frère me rapporte du Canada, le disque d’Herbie Hancock , « The New Standard », un des plus beaux disques d’arrangements de chansons de Soul, Pop et et Rock. Je suis emmené par ce swing envoûtant cette frappe puissante sur les fûts.
Le groupe de cet album, j’ai la chance de le voir à la Grande Halle de la Villette en 1997. Sur la scène, Herbie accompagné de l’équipe de la session studio: le batteur, Dave Holland John Scofield, Michael Brecker et Don Alias. Je fis impressionné par l’envergure de la batterie, tant d’éléments, des toms pouvant aller jusqu’à cinq et trois cymbales.
Jack créa aussi le trio « Gateway » en compagnie Dave Holland et John Abercrombie, lui aussi disparu à l’été 2017. Le disque à la pochette bleue réalisé en 94 ou 95 je ne sais plus exactement, met en valeur non seulement son immensité sur le plan de la batterie, mais aussi, ses talents de pianiste. L’album du trio commence par un morceau à la métrique d’une grande complexité.
Après son passage chez Charles Lloyd en 1966, le saxophoniste mit en avant aussi, le jeune Keith Jarrett, une des figures montantes du piano Jazz Jack jouera deux ans plus tard, avec un des pères fondateurs du Jazz moderne, le plus connu après Louis Armstrong le trompettiste Miles Davis. Il intègre le groupe, pour explorer avec une nouvelle forme de musique, qu’on appellera Jazz Fusion ou Jazz Rock. Il forme avec le contrebassiste Dave Holland et le pianiste Chick Corea , une section rythmique des plus redoutables.
La même année, il joua aussi aux côtés de Bill Evans et Eddie Gomez, où sa frappe sèche apporte un contraste, entre le toucher du piano et la rondeur des notes de contrebasse.
Jack Dejohnette a accompagné un grand nombre de musiciens, tant son style attirait et captivait les jazzmen qui l’appelaient à leurs côtés.
Tant de disques de ma collection sur lesquels il joue, me rappellent ces merveilleux moments de découverte de ce grands héros et d’autres.
Jack Dejohnette était un artiste qui aimait les risques, qui variait sans arrêt son jeu.
Il me semble de mémoire, que le batteur Français Daniel Humair avait dit de lui un jour, lors d’une interview, qu’il n’avait rien écouté de plus innovant, depuis Elvin Jones Elvin Jones Group , Tony Williams et Jack DeJohnette.
Lorsqu’on écoute ce dernier, on entend d’ailleurs l’empreinte d’Elvin, une frappe puissante, exprimant l’énergie, puisant aussi dans les racines, celles de l’Afrique et de ses différents rythmes. Notons aussi que Jack avait joué en Jam Session, avec l’immense John Coltrane, au cours de sessions, dont on aurait voulu entendre des extraits.
Je conclus cette présentation sommaire, en vous proposant un extrait du concert de 1997 du groupe de Michael Brecker. Le groupe introduit par « Slings And Arrows ». Vous verrez Pat Metheny souriant et se retournant à 0’31. E Le batteur a t il tenté quelque chose de surprenant, est il tombé à côté?
Jack Dejohnette était un des plus grands batteurs depuis les années 60, tout comme Anthony Williams le prodige, qui n’avait même pas 17 ans, lorsque Miles l’engagea dans son second quintet.
DeJohnette était un batteur désireux d’aventure capable de varier constamment les cellules et de jouer aussi des polyrythmies hautement complexes.
Son apport dans le Jazz fut énorme par sa conception des rythmes, son approche du placement, son sec incisif mais surtout par son goût du risque.
Le voici qui rejoint à présent, Elvin, Tony et tant d’autres.

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